Réflexions

Thérapie et dévoilementThérapie et dévoilement

Thérapie et dévoilement

Après les ténèbres Est toujours la Lumière.
La relation thérapeutique permet ce passage par le dévoilement.
Christiane Singer écrivait : « De l’autre côté du pire t’attend l’Amour ».
Pour moi, ce qui me reste de ma mère c’est son âme, c’est-à-dire l’Amour
Ce qui me reste de mon père, c’est son âme, c’est-à-dire l’Amour
Ce qui reste de ma fille...
Ce qui reste de mon mari...
Faut-il attendre que les êtres meurent pour être en contact avec l’Amour, leur âme ?
Non, c’est la bonne nouvelle : Etre Présent à soi, aux autres, au temps, au lieu... ensemble, nous guérit. C’est ce que je vis et enseigne depuis des dizaines d'années.
C’est ce que je transmets à mes patients et à mes étudiants : le Présent nous guérit !
J’accompagne les personnes dans la guérison de leurs figures parentales intériorisées, quel que soit l’enfer qu’ils aient connu.
Guérir les curés violeurs, les mamans folles, les pères caractériels…en nous.
Derrière il y a l’Amour, la Lumière.
Pour cela mes patients doivent connaître mon humanité d’ombre et de lumière.
Cela ne veut pas dire qu’ils aient à subir, à être en contact direct avec mes démons.
Mais que je partage avec eux combien, comment ...nous guérissons toujours ensemble.
Ce qui guérit c’est l’Amour et l’Amour est transparence, Lumière.
Là est le Dévoilement.
Nous ne pouvons faire passer l’Amour que par le Lien dans la Présence.
Ce que les gestaltistes nomment l’ici et maintenant.
Si nous sommes dans l’ici et maintenant nous sommes guéris car nous Sommes :
Passé, Présent, Avenir, Ici, Ailleurs...
Et c’est ce qui est codé dans chacune des cellules de tous les humains, depuis la nuit des temps et jusqu’à la nuit des temps.
Et c’est pourquoi nous guérissons « Ensemble ».
Bien sûr il y a la gestalt, la bio-énergie... pour comprendre, expliquer, structurer, décoder…
Comme toutes les théories auxquelles nous nous accrochons parce que l’Amour ce n’est pas compréhensible.
C'EST!
L’analyse jungienne, freudienne, lacanienne, le décodage biologique, la sexothérapie, la psychologie intégrative, la respiration holotropique, l’analyse transactionnelle... la liste est longue car l’Amour est infini et chacun va Le décrire en théorie pour être cru, entendu, compris...
Que l’Amour devienne compréhensible, palpable à notre civilisation rationnelle, origine de beaucoup de maux-mots.
Tiens mo-mo, c’était mon surnom de petite fille !
Qu’est-ce qui a vraiment guéri Julien, prépsychotique, drogué et violent, il y a vingt cinq ans, sinon ma présence, mon amour, la présence rassurante des autres humains avec moi, qui guérissaient la non-présence violente, terrorisante, dommageable des humains qui l’avaient "non-accueillis" pendant les premières années de son incarnation, et précédemment dans toute sa généalogie ?
Un ami aimait à dire, « ce sont les humains qui nous blessent, ce sont les humains qui nous guérissent ».
Ce que je partage de moi, dévoile, c’est la Vie qui suinte et Elle seule a la force de guérir.
Une microscopique goutte de Vie contient l’Amour.
Comme chacune de nos cellules contient l’Enfer et l’Amour de toute l’humanité.
Pourquoi ne pas laisser s’écouler la Vie, l’Amour, puisque de toute manière la Vie est capable de pousser dans le béton que nous construisons ?
Pourquoi toutes nos cartes de visites ?
Pour éviter de dire, d’écrire que c’est en dévoilant notre humanité, en la prenant dans nos bras, "à bras le corps", que nous guérissons ?
En déchirant le voile avec l’éclairage de l’Amour.
Avec la Présence de l’Amour.
La Protection de l’Amour.
La Conscience de l’Amour.
Le Sens de l’Amour.
L’Amour qui contient la Vie qui circule en moi Est Guérison.
Avec le temps, les thérapies, les formations, les supervisons - oui les super-Visions - ... je peux laisser cette Vie parler, agir, créer, transmettre par moi, à travers moi.
Je peux dévoiler tout de moi.
Je ne dis pas que je dois le faire.
Que je le fais.
Je ne dis pas n’importe quand.
N’importe quoi.
N’importe comment.
Je dis que je n’ai plus autant besoin d’être fidèle aux théories et mentir à l’Amour.
Je peux plus être fidèle à l’Amour au risque de faire mentir les théories.
Alors le dévoilement ?
Oui si c’est vulnérabilité et puissance.
Oui si c’est Conscience, Sens, Amour, Sécurité... qui éclairent échecs, ratages, manques, handicaps...
Non si c’est égo, pouvoir, narcissisme...
Sauf que dit comme cela, c’est déjà bien bétonné !
C’est plutôt le tricotage de plus en plus fin, beau : de mon égo, de mon pouvoir, de mon narcissisme…avec ma conscience élargie, mon amour plus grand, ma joie de vivre, ma créativité... qui fait guérison des autres et de moi-même.
Ensemble dans la Présence, le Lien, le Relation.
Mes patients violents, dépressifs, violeurs, violés... ont partagé beaucoup de pans de ma vie et ils témoignent que ce dévoilement fait partie de leur guérison.
Comment pourrions-nous accompagner la guérison si nous ne guérissons pas avec nos patients ?
Comment pourraient-ils se dévoiler authentiquement si d’une manière ou d’une autre nous ne nous dévoilons pas ?
Dévoiler le bien et le moche.
Le beau et l’affreux.
Le dosage du dévoilement vient avec la pratique et la conscience.
La conscience s’élargit avec un dosage du dévoilement.

haut de page

Thérapie transpersonnelleThérapie transpersonnelle

Thérapie transpersonnelle

Parfois je pense que le travail thérapeutique - et encore plus transpersonnel - est aussi peu connu et fait aussi peur que les lilliputiens.

A l’été 1976, près du lac Baïkal, en Russie, j’étais allée voir un cirque et j’avais été émerveillée par de si belles femmes lilliputiennes qui dansaient et des hommes lilliputiens qui exécutaient des numéros de clowns.

Des hommes et des femmes presque parfaits corporellement avec de si beaux visages et qui mesuraient entre 60 et 80 centimètres.

Etant différents, après les avoir pratiquement exterminés, nous les confinons dans des cirques ou dans des théâtres japonais.

Pour beaucoup de personnes, les lilliputiens sont une légende, chaque fois que je les ai évoqués, j’ai vu les gens incrédules et j’imagine qu’il en est de même pour beaucoup d’entre vous qui lisez ces lignes.

Voici sur ce site les deux photos qui me restent car en cherchant sur le net : lilliputien, je ne trouve aucune photo même si leur histoire est répétée des dizaines de fois :

" Dans les années 1800, au coeur des forêts de Hongrie, sont découverts des hommes et des femmes mesurant entre 40 et 90 centimètres… "

Quel rapport avec la thérapie transpersonnelle ?

Nous ne pouvons imaginer que nos blessures affectives, sexuelles, nos souffrances psychologiques... peuvent se transformer en lumière, rayonnement, originalités intégrées, splendides spécificités.

Nous n’avons pas besoin de nous cacher, d’être pointé du doigt.

Nous pouvons transformer ces différences en merveilles pour nos personnalités.

Le couple bourreau/victime doit guérir en chacun de nous pour que la planète s'apaise. La guérison existe : c’est la satisfaisante clôture du problème, le sens trouvé à l’évènement, la paix rencontrée à la place de la guerre, l’ouverture du cœur à l’amour après l’expression adéquate de nos terreurs, colères et chagrins dévastateurs, la concrétisation du pardon et la saveur exquise de la gratitude pour ce qui a été.

L’énergie qui circule en nous et entre nous devient puissante et positive.

Pour atteindre cette harmonie nous devons faire face à nos peurs et à notre ignorance.

Ce sont nos peurs qui nous font rejeter, exclure, exterminer l’autre, cet autre qui est en nous , qui est aussi nous et que nous ne connaissons pas , que nous ne reconnaissons pas comme soi. Cette rencontre authentique avec notre part d’ombre nous permet d’accéder à l’éveil de la conscience, à la réconciliation de forces apparemment opposées, à leur harmonisation et surtout à la puissante énergie d’amour qui jaillit de ce mariage de l’ombre et de la lumière.

Je vous laisse continuer de parcourir notre site avec curiosité.

haut de page

haut de page

LETTRE OUVERTE à :LETTRE OUVERTE à :

La POLICE,
Les SAPEURS POMPIERS,
Le SAMU,
Les POMPES FUNEBRES,
Les services de la  MAIRIE…

La mort est le dernier instant de la vie.
Pour le défunt, comme pour ceux qui l’ont aimé,
Les heures et les trois jours qui suivent
Font encore partie de la vie.

D’un corps plein d’énergie,
La vie va s’en aller, peu à peu,
Depuis la chaleur encore présente
Jusqu’à la froideur
Et la puanteur de la décomposition.

Vous savez que si l’on respecte un temps
Entre le moment du décès et l’enterrement,
Ce n’est pas seulement pour avoir le temps
D’organiser les obsèques,
Mais beaucoup plus à l’origine,
Pour nous permettre de nous séparer du corps
En même temps que l’énergie le quitte complètement.

Devant son compagnon ou son petit mort
Un animal proteste, tremble et fait entendre sa plainte.

Nous avons les mêmes émotions à exprimer
Pour nous séparer corporellement d’un être aimé.

Chaque instant compte.

Dans plusieurs usines voisines, à neuf heures,
On discourait sur la mort de mon mari
Et je commençais tranquillement mes entretiens.

Cinq heures se sont écoulées entre l’accident mortel
A trois kilomètres de notre domicile
Et le moment où je l’ai appris
Toujours à notre domicile que je n’avais pas quitté !

Six heures jusqu’à ce que l’on m’ouvre la porte de la morgue
Plus loin à dix kilomètres !

Douze heures pour que son corps soit de retour
Auprès des siens, dans sa maison !

Si Joël avait eu l’accident à huit cents kilomètres
Là où il se rendait pour son travail,
Ces temps de décalage eussent été acceptables.
Pas à trois kilomètres de son foyer qu’il venait de quitter.

Vous pouvez soustraire douze heures à partir
Du deuxième jour passé auprès du corps.
Pas les douze premières heures
C’est inhumain !

Il y a cent ans, des personnes seraient accourues m’avertir,
S’excusant de la lenteur de leurs pas
Et j’aurais eu le temps de trouver mon mari
En train d’être dégagé de dessous une charrette.

Les temps ont bien changé
Et nous avons tous du devenir plus efficaces
C’est bien

Devenons aussi plus responsables
Vraiment prêts à regarder en face
Toutes les conditions de naissance, de vie et de mort
De notre monde.

Est-ce que vous voulez vous arrêter en me lisant
Et penser à la personne que vous aimez le plus :
Votre amour, votre enfant, votre parent…

Ce n’est pas acceptable,
Que le corps de cet être  que vous chérissez
Refroidisse, se raidisse
Seul
Des heures et des heures sans vous.

Il y a dix-sept ans
J’accouchais d’un enfant mort
J’ai dû hurler pour voir cet enfant que j’avais porté neuf mois
Et il m’a été interdit de le serrer dans mes bras

Aujourd’hui, je me lèverais,
Quel que soit mon état
Tant il m’a fallu d’années et d’aide
Pour faire le deuil de mon enfant que,
Mort, on me volait avec de très bonnes intentions.

Si vous pensez : « de toutes manières il était mort »
Vous n’êtes pas en contact avec ce qu’est l’attachement humain.

L’instant de la naissance nous échappe
Mais pas ce qui l’entoure

L’instant de la mort nous échappe
Mais pas ce qui l’entoure


Ces instants qui entourent la mort
Ne les gommez pas
Sous aucun prétexte

Laissez aux personnes
Très concernées par la mort d’un être
La possibilité d’assumer cette mort
Comme elles assument leur vie

Chaque personne en est capable
Et toute personne,
Peut ne pas vouloir ou ne pas savoir

Ne décidez pas à notre place
Sous aucun prétexte
Même celui qui, j’en suis sûre, vous anime,
Le respect humain

Ne compliquez pas ces instants
En vous substituant à nous
Et en nous substituant nos morts

S’ils étaient des êtres vivants
Aimés des êtres vivants
Merci de nous avertir et de nous les restituer
Le plus rapidement possible

S’ils étaient des êtres seuls, peu aimés,
Merci de pouvoir compter sur vous
Pour vous occuper d’eux

Vous nous aidez en venant très vite
Sur le lieu de l’accident
Régler la difficile circulation
Merci

Vous nous aidez en sortant nos aimés
Le plus vite et le mieux possible
De leurs premiers cercueils :
Ces bolides qui remplacent les charrettes
Merci

Vous venez très vite
Donner les premiers soins
Ou constater le mort
Merci

Vous aidez à toutes les formalités
Vous êtes présents, disponibles
Vous nous soutenez

Vraiment merci

Laissez- nous affronter le mort
Et gérer nos émotions

Si vous pensez encore :
« C’est affreux un accident
Et c’est terrible de voir son aimé ainsi »

C’est vrai

Vous ne changerez pas la manière dont il est mort
C’est sa mort
Nous pouvons seulement la regarder bien en face
Comme toutes les choses de la vie

Personne ne peut naître à notre place
Et accueillir nos nouveaux nés

Personne ne peut vivre et aimer à notre place
On peut seulement apprendre à être
Debout sur nos deux jambes
Les yeux, le cœur et la conscience bien ouverts

Personne ne peut mourir pour nous
On peut seulement accompagner nos morts
Et nous accompagner nous-mêmes dans ce deuil

Je ne me suis jamais dérangée
Voir une chose morbide
Il y a assez avec la guerre, la famine, la torture et le racisme
De notre monde
Le jour où celui que j’aime le plus au monde, meurt
Je veux être là

Arrêtons un monde où l’on pense,
L’on ressent, l’on agit à la place des autres
Ce monde va à l’envers

Chacun doit récupérer sa puissance de pensée,
D’agir et de ressentir les choses à sa manière

S’il vous plaît,
N’augmentez pas le dommage
Causé par la mort d’un être cher
En empêchant
De traverser toutes les étapes du deuil

C’est l’impact de toute la réalité
Qui nous permet de protester, trembler, pleurer
Et faire ainsi depuis le premier instant
Jusqu’après de longs mois
Toutes les étapes qui nous permettront de vivre
Encore plus profondément après.

haut de page

La Vie, la Mort, l’Amour…EST « UN/UNE » de toute éternitéLa Vie, la Mort, l’Amour…EST « UN/UNE » de toute éternité

A tous ceux qui perdent un enfant à la naissance ou si peu de temps après.
A ceux qui perdent leur enfant pendant la grossesse.
A toutes celles qui avortent et qui rendent à la Vie un Etre de plus.
A vous toutes mes sœurs, mes filles, mes mères…
A toutes les femmes pour leur maternité, leur fécondité.
A tous les hommes, les époux, les pères, les fils…
Si meurtris dans la chair de l’autre.

Tu reviens sans cesse Rachelle-Marie.

Je répète ton prénom
Parce que tu n’en as pas eu pendant bien longtemps.
Ou plutôt tu en as changé tant de fois.
Tu devais t’appeler Mireille par ton père
Je voulais t’appeler Joëlle, parce que c’est lui, Joël
Que j’aurais aimé te donner comme père.

Quand j’ai fait une grande partie de ton deuil, je t’ai appelée Charlotte.
J’ai brûlé le papier qui reconnaissait ton existence :
« Enlèvement le 26 juillet 1971 d’un enfant mort-né »
Et que je gardais précieusement dans mon sac à main.

J’ai passé des nuits à te parler, des séances de thérapie à t’évoquer,
Des feuilles blanches à recommencer d’accoucher de toi avec des mots…

Quand je t’appelais Charlotte, j’avais téléphoné à la clinique
Pour savoir ce qu’était devenu ton corps,
Comme si ma pensée – normalement intelligente –
Ne pouvait fonctionner à ton propos.
Et j’avais été mutilée une autre fois
En apprenant qu’on t’avait mise dans la benne
Avec les chairs amputées qui partent pour l’incinérateur.

Je pense à ma mère, morte, seule, à l’hôpital après une crise cardiaque.
Moi en Norvège, au froid à Noël.
J’avais mal au ventre, je voulais rentrer voir « maman »
Comme quand j’étais petite.

Le cœur, le chaud, le froid, le ventre…
Et Joël accidenté dans sa voiture,
Que j’ai retrouvé glacé dans le tiroir de la morgue !

Mort. Né. Brûlé. Congelé…


C’est pour ça que les deuils, les émotions, le corps, l’âme…
Ont tant de place dans mon travail.
Je ne fais que ça, d’accoucher des hommes et des femmes.
D’accompagner leurs deuils pas faits.
D’accompagner les deuils qui, non faits,
Se transmettent à toute la généalogie.

Ta mort, Rachelle-Marie,
Marque le début de mon travail thérapeutique.
J’ai clos tant de choses depuis 1971…
Pas ta mort – naissance.

C’est quoi un enfant mort-né ?
Est-ce un bébé qu’aucun être humain
Ne verra vivant ?

Les temps sont inversés et trop précipités.
Je t’ai vue quelques secondes : belle, lisse et morte.
Comme endormie …

Enfant et mort ne vont pas ensemble
Et pourtant c’est en un seul mot :
« Enfant mort-né ».

Je t’ai vue ainsi
Et c’est mort en moi cette nuit-là.

Ce qui est mort en moi cette nuit-là,
Ce n’est pas seulement toi, Rachelle-Marie,
C’est ma capacité à être mère avec mon ventre, mes tripes,
A accoucher d’autre chose
Que de tous les humains qui souffrent.

Pour les autres « moi » de la terre,
Les autres couples en difficultés ou stériles,
Je suis devenue avec le temps : une mère, une sage-femme,
Une créatrice, une sculpteuse, une artiste, une magicienne,
Une « sorcière bien aimée »…

J’ai tellement pris soin de toi pendant neuf mois pour « rien ».

Un bébé et la mort, ça ne va pas ensemble.
Un bébé mort ce n’est pas possible.

Je désirais tellement ton père.
Enceinte jusqu’aux yeux - je veux dire la veille d’accoucher-
Je faisais encore si bien l’amour avec ton père.
Et cette nuit de boucherie pour « rien » !


Il faut cesser de dire pour « rien ».
Cette nuit pour toi : Rachelle-marie
Tu es Vivante !


Je suis sanguinolente,
Le médecin de garde se secoue les mains pleines de sang,
J’allais écrire de chairs…
Quand il finit avec les forceps et qu’il me recoud,
Je te vois enfin, Rachelle-Marie.
Je ne suis plus épuisée pour « rien ».

Tu es Vivante.

Maman ou Joël morts, sont très Vivants en moi.
C’est facile pour moi :
La naissance sur la terre, c’est la mort pour l’au-delà.
La mort sur notre terre, c’est la naissance pour l’au-delà.

C’est la première fois que je réalise vraiment que toi,
Rachelle-Marie,
Tu es née Vivante, c’est-à-dire morte.
Quand je t’ai vue, quelques instants après ta mort,
Tu étais Vivante pour toujours.

Ta sépulture a été mon ventre, alors pourquoi serait-il mort ce ventre ?
La terre est très féconde de tous ses  morts dans ses entrailles…

Tu as été dans mon ventre, Rachelle-Marie,
D’abord vivante puis Vivante.

J’ai accouché de la Vie et je ne le savais pas.

En fait tu t’appelles : Mireille, Joëlle, Charlotte, Rachelle, Marie…
Fille.
Femme.
Mère.
Grand-mère…
Tu ES

Pardon d’avoir mis tant de temps à te rendre grâce.
Ce n’est pas facile d’accoucher d’une enfant mort-née.

Accoucher de la vie ou accoucher de la VIE :
Quelle différence !

J’ai accouché de la Vie et plus tard c’est devenu mon métier.

La Vie, la Mort, l’Amour EST « UN-UNE »
De toute Eternité.

haut de page